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Selon JVB. |
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Il y a les bons surfeurs et les mauvais. Il y a ceux qui surfent gros,
seuls dans leur coin, et qui donnent des leçons. ils ne donnent rien d'autre que des leçons.
Et puis il ya ceux qui surfent aussi bien que
les premiers (sinon mieux)
, qui surfent
aussi
gros...
et qui partagent, respectent tout le monde , donnent
l'exemple, se dévouent , créent pour les autres en toute modestie. Sur tous les spots, ceux qui comptent et savent de quoi ils parlent, viennent les saluer. Ils sont contents de les voir parce qu'ils sont appréciés et respectés.
Jean-Valère Bordenave est de ceux-là.
(JPR)
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Il doit bien exister sur terre un spot qui s'appelle BLACKSTONE c'est un beau nom pour un spot de surf, un peu
mystérieux ,dangereux , NOIR ! Et bien en Corse ça existe, en mois terrifiant que BLACKSTONE il s’agit de PIETRANERA, et quand de plus c'est là que les premiers surfeurs du Nord ont fait leurs premiers rides, tous les ingrédients sont réunis pour que ça s'inscrive directement dans la grande saga dur surf corse. |
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| Jean-Valère Bordenave - Pietranera '89-90 |
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Il faut un début à une histoire, voilà le début de l'histoire des Bastiais.
Petra Nera tient son joli nom du rocher qui trône à une cinquantaine de mètres de son rivage. Ce sont les pêcheurs bastiais qu’ils l’ont baptisé ainsi lorsqu’ils prenaient leurs repères pour poser leurs filets.
Le village a vu son nom jaillir de la mer, et y est intimement lié.
Mais la «pierre noire« porte aussi un autre nom «u flenu«, haut-lieu de baignade, plongeon et farniente de tous les «petraneracci et bastiacci«. |

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Lieu d’exploit, également :
figurez-vous que u flenu est troué en sa partie sous-marine.
Feu Louis « Ciucciu« vieille figure de Petra Nera, était pendant longtemps le seul à s’y faufiler en apnée.
La culture de la plage et de ses divertissements est installée depuis toujours dans le Village.
Chaque rare entrée de houle estivale était célébrée dans le shore-break de SOTTU ANZIANI ***ou tous les gamins du village venaient se faire rosser sur les dalles et les galets.
Chacun y allait de sa créativité pour s’attaquer aux déferlantes, du plus simple appareil, en passant par la chambre à air de camion et jusqu’au bateau pneumatique. |
ça n'a strictement rien à voir avec Eric Anziani ;o)
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Mais c’est en août 1987, par une belle houle de sud-est que « le petit quai » (point rocheuse qui fait face au flenu ) ,et jusqu’ici uniquement considéré comme un bon endroit pour pêcher le " mazzardu", nous révèle un tout autre visage.
En cette fin d’après-midi là, Laurent et Jean-Pierre BISORDI, filent sur les vagues allongés sur leur planche. Ils tracent en travers dans la paroi, au raz de la dalle menaçante.
Jean-Valère n'a que 12 ans mais il garde de ce spectacle une émotion intacte. Il est à la fois fasciné et impressionné par cette approche de la vague.
Jean-Pierre et Laurent venaient tous les étés en vacances à Petra Nera.Ils ramenaient dans le village « un vent de FUN rafraîchissant«
Pendant que les garnements locaux s'adonnaient aux traditionnelles "petrate" (intifada locale) en maillot moule-burnes, les frères BISORDI branchaient les poulettes en boardshorts warpaint.
Ils étaient , dirons-nous, "en avance" dans leur manière juvénile d’exprimer leur virilité.
Leur avance bouleversa à tout jamais l'idée que ces jeunes se faisaient des vagues : Mieux que de s’y faire rouler, l’on pouvait y glisser !!!
Petra Nera était devenu un spot de Surf.
Les premiers adeptes ont entre 12 et 15 ans : Laurent « Snake » MELAINE, Jean-Valère « JVB » BORDENAVE, Dumé « popeye » SANTONI , Destroy et Jean-Paul SEATELLI.
Parallèlement, deux bastiais âgés de 25 ans, Yvan GIAMARCHI et David PIETRI investissent déjà Farinole en Body.
Les protagonistes ne tardent pas à se rencontrer et à faire équipe pour d’inoubliables transhumance vers le col de Teghime .
Le Surf en hiver se déroule exclusivement à Petra Nera. Pas de moyens de locomotion pour aller voir ailleurs ce qui se passe.
C’est l’époque des feux sur la plage pour se réchauffer ; on se change sous les barques pour s’abriter de la pluie...
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D'autres parallèles se rencontrent : Le Nord connecte avec Ajaccio |
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Tout s’accélère en 1989 avec l’arrivée de Bernard BONELLI et Jean-Philippe DI GRAZIA, deux ajacciens débarquant faire leurs études à BASTIA.
Ils ont une voiture chacun, la "4L bleue et la coccinelle" et ont soif de découverte et de nouveaux spots.
Cela tombe bien car nos gamins de Petra Nera ont envie d’aller boire la tasse ailleurs.
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| Bernard Bonelli - Jean-Phi Di Grazia - Chapelle des grecs |
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Agriates - '90 |
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Une de leurs premières virées conduit Bernard, JVB, Jean-Phi et Dumé dans le Golfe de St Florent par une grosse et lisse houle de N-O.
Ils s'apercoivent que le golfe regorge de longues dalles, si bien qu’ils rebaptisent l’endroit l’Australie.
Les spots foisonnent : Olzo, Blockhaus, la ligne droite, la Crique, l’Outside de la Citadelle, le Reef de la Roya, la Comtesse, Fornali ...
Ces spots sont tous aussi beaux que rares, seules les houles de nord viennent les sortir de leur léthargie.
Dans la foulée vinrent les découvertes de Giottani, Albu, des spots des Agriates et les incursions en Balagne ; l’Ostriconi, Lozari ,Ghjunchitu , Algajola, pour les plus connus. |
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| Doume Santoni - Pietra Nera - '91 |
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| Jean-Valère - Farinole '90 |
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| Exploration Agriates '90 |
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Les aventures se multiplient et leurs récits ne tardent pas à créer l’émulation du côté de Petra Nera et ses alentours.
Très vite l’équipe se complète avec l’arrivée dans les vagues de Jean-Antoine « KANU » VENTURA, Richard VIRGITTI d’Erbalunga, Jé « Quasimodo » MAURI, Sylvain « Cavallu » THIBAUD, Laurent « S.. C.. » VILLANOVE, Philippe « la noiraude » FILIPPI - Norman « Bormoul » CANCELLONI ...
De 1990 à 1992, ce n’est pas moins de 25 personnes qui sont à l’eau sur Petra Nera sur une zone de take-off de 2 m2..
JVB nous livre ses impressions:
«On commencait déjà à regretter l’époque ou l’on ne se retournait jamais vers le bord pour voir si quelqu’un arrivait ! »
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Cette époque marque aussi le début du Shape.
Jérôme, Dumé et JVB commencent à tâter la « FOAM ».
- « Au début on collait des plaques d’isolation pour confectionner un pain de mousse qu’on shapait à la scie et à la râpe à bois. On stratifiait le tout avec du roving 400 gr du shipchandler, »
Petra Nera s’américanise et devient BLACKSTONE.
Les shapes s’affinent avec l’expérience et la qualité de la matière première. 1992, JVB reçoit sa première commande par Yves DARNON et Didier FERRERI qui deviennent rapidement des compagnons de route.
- « Normal, car nous sommes toujours à pieds, et eux ont une Jeep.»
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Ils poussent la quête toujours un peu plus loin et par un petit jour de sud-est, découvrent Travu qu'ils baptiseront « Joshua Point » en référence à l’arbre de Joshua.
En effet, à l’époque il y avait un arbre dans l’eau à l’embouchure, et on passait en surfant sous une branche lorsque les vagues étaient petites. L’arbre disparut lors d’une crue.
Le spot avait déjà été surfé par MAYOL et il l’avait appelé « les avions », (allez y surfer en semaine et vous comprendrez pourquoi !)
Mais l’épisode le plus important pour JVB , Yves et Didier reste le dépucelage de « la sèche » à Albu.
Après une nuit passée au pied du sémaphore d’Ersa, ils se retrouveront à la tour d’Albu , contemplant une superbe houle de S.O. qui déferle sur le haut-fond.
La vague n’a jamais été surfée, mais porte déjà un nom : « la sèche ». |
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| Jvb entouré de tous les surfeurs "Bastiais" |
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Jean-Valère Bordenave - 2007 |
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